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lundi 11 mai 2015

Nouveau Musée des Carrosses Royaux

Le "Museu Nacional dos Coches" - Musée des Carrosses Royaux 
   

   Un espace en plus pour le  "Museu Nacional dos Coches"
   (musée des crosses de la couronne portugaise):
   déménagement d'une grande partie des voitures pour l'inauguration
   le 23 mai 2015.
   78 voitures y seront présentées, 23 de plus que dans l'ancien espace.
   En effet des exemplaires allant des XVIème au XIXème siècles, avec
   l'arrivée de plusieurs exemplaires qui étaient conservés à Vila Viçosa.
   C'est la plus grande et plus complète collection du monde et ne manquez
   surtout pas de la visiter, car elle en vaut vraiment la peine.

   La première voiture qui a été transférée, fut le Landau du  
   Régicide, sur lequel on peut voir les traces des bales qui
   le 1er Février 1908 furent tirées contre le Roi D.Carlos I
   et le Prince Royal Luís Filipe, héritier de la Couronne.



   Départ de la première voiture - (23 mars 2015) - le Landau du Régicide 



   Et pour les recevoir, un bâtiment tout neuf, construit pour
   permettre les meilleurs procédures de conservation et
   d'exposition pour ce magnifique ensemble, témoin des fastes
   de la cour portugaise d'autrefois.
   C'est le musée le plus visité de Lisbonne et même du pays.
   Inauguré par la dernière reine du Portugal, D.Amélia d'Orléans
   et Bragança (arrière-petite-fille du Roi Louis-Philippe des Français), 
   femme du roi D.Carlos I, le Musée des Carrosses 
   Royaux, nom qui lui fut alors atribué alors, fut innauguré en 1905.



   Photo de la Reine D.Amélia, signée, qui servit comme modéle
   au tableau de Vittorio Matteo Corcos (1905),
   offert par la souveraine au Musée des Carrosses Royaux
   

   Le musée aura 110 ans le 23 mai prochain. Le nouveau batiment, 
   construit tout près de l'ancien manège datant du XVIIIème siècle
   sera innauguré ce même jour, pour célébrer cet heureux anniversaire.
   D.Amélia qui était une dame d'une grande culture, a vite pris
   conscience de la valeur patrimoniale des voitures de gala de la
   Maison Royale. C'est avec l'appui de Monseigneur Joaquim Boto,
   Chanoine de la Patriarcale de Lisbonne et du Conseil du Roi et de
   son Grand Écuyer, le Lieutenant Colonel de Chevalerie Alfredo
   Albuquerque, que la Reine a décidé de réunir et de sauvegarder
   ce patrimoine unique - de par la qualité et la quantité -, et de le
   présenter au publique.

  

    Ancien manège royal, XVIIIème siècle


    L'espace choisi alors pour son l'installation fut le Manège Royal
    de Belém, qui n'était plus utilisé et où se trouvaient en dépôt, à
    l'époque, certaines des principales voitures de la cour. La Reine
    a ainsi rassamblé les anciennes voitures de la Maison Royale
    Portugaise et les accéssoires respectifs, patrimoine qui était
    dispersé parmis les gardes-meubles et écuries des palais royaux.

  


   De la colection primitive on pouvait compter 29 voitures,
   des uniformes de gala, des harnais de tirage et accéssoires 
   de chevalerie utilisés par la Famile Royale.

   


   Après la fin de la Monarchie, en 1910, le Musée change de
   nom et devient le Museu Nacional dos Coches.
   Son patrimoine est enrichi avec d'autres voitures de la Couronne,
   du Patriarché de Lisbonne et de certaines maisons nobles.

   Le Musée reuni aujourd'hui une collection unique au monde
   et cela de par la variété artistique des magnifiques voitures 
   d'apparat du XVIème, XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles 
   et la quantité d'exemplaires qu'elle intègre. 

  


   Parmis les voitures exposées on peut trouver des carrosses,
   calèches, berlines, landaus, chaises à porteurs, voitures pour
   enfants, harnachements, qui permettent au visiteur de 
   comprendre l'évolution technique et artistique des moyens
   de transports utilisés par les cours européennes jusqu'à
   l'apparition de l'automobile. 

   

    Petite calèche des Infants D.Luís Filipe et D.Manuel


   

    Un espace en plus pour mieux apprécier cette extraordinaire collection


  
    
    Conservation, après l'arrivée de plusieurs voitures dans le nouvel espace

    La collection est complétée par un ensemble de harnais de 
    tirage, de chevalerie, uniformes, armes et accéssoires pour
    les cortèges du XVIIIème siècle.


   

   Voiture de procession, XVIIIème siècle
   Sortie du manège royal (musée actuel) vers le nouvel
   espace 

   


    Le nouveau Roi, D.Manuel II, descend du carrosse
    de la Couronne après avoir été acclamé par les Cortes
    (parlement), en mai 1908

    
    Le Musée des Carrosses du Palais Ducal de Vila Viçosa
    Province de l'Alentejo (+/- 200 km à l'este de Lisbonne)


    Il ne faut surtout pas perdre la visite du Palais, tout comme 
    le musée des carrosses, dont une grande partie est un dépôt 
    du musée de Lisbonne et dont certaines voitures rejoindront 
    la collection, qui occupe à présent le nouveau batiment.
    Le musée de Vila Viçosa regroupe les voitures de la Maison Ducale, 
    certaines de la Maison Royale, auquelles se sont ajoutées de 
    nombreuses voitures champêtres, acquises par l'Etat au Conte 
    de São Martinho, D.José de Siqueira.
    



   Char à bancs commandé par la Reine D.Maria II, pour permettre 
   les déplacements de sa nombreuse famille.
   Voiture de chasse, vers 1850
   Fabrication de la firme Thrupp & Co.
   Dim. 420x205x280 cm
   Écurie du Palais de Vila Viçosa


    La collection de Vila Viçosa, regroupant 80 exemplaires du XVIIIème
    au XIXème siècles, ainsi que de nombreux harnachements de cheveaux, 
    est considérée la plus grande et la plus variée d'Europe.
    Je ne peux pas m'empêcher de rendre hommage à la reine D.Amélia
    qui a compris l'importance de cette collection extraordinaire et qui
    créa le Museu dos Coches Reais à Lisbonne, en 1905, dans le 
    manège royal, construit en 1726 par l'architecte Giacomo Azzolini,
    intégré dans l'ensemble du Palais de Belém, aujourd'hui siège 
    de la Présidence de la République. 
    Les écuries du Palais Ducal, où sont exposées les voitures 
    nous emmène dans un monde révolu mais qui n'a pas pour autant 
    perdu tout son charme.




    D. Amélia de Orleães e Bragança  (1865 - 1951)
    Reine du Portugal, Princesse de France


    

mercredi 1 avril 2015

Ricardo Espírito Santo - un grand mécéne

   J'ai découvert dans le nº35 de la revue "Connaissance des Arts",
   datant du 15 janvier 1955, une interview accordée par le grand 
   mécéne portugais, Ricardo Espírito Santo Silva, disparu en 1955.
       
   Grâce à lui, nous conservons à Lisbonne un magnifique musée 
   d'arts décoratifs portugais qui permet la visite d'intérieurs tels 
   qu'ils existaient au Portugal, au XVIIIème siècle.

   Voici l'interview complète de ce grand mécéne, tel qu'elle est 
   apparue dans Connaissance des Arts, à l'occasion de l'exposition 
   «Trésors de l’orfèvrerie du Portugal », qui a eu lieu à Paris entre
   les mois de novembre 1954 et janvier 1955.

    

   Entretient avec M. Ricardo Espírito Santo

 

   « Lorsqu’on n’est pas créateur soi-même,

   ce qui est important c’est de créer un ensemble

   qui exprime sa personnalité »

 

   Des quelque sept cents pièces qu’on peut voir au Musée des arts 

   décoratifs, à l’exposition «Trésors de l’orfèvrerie du Portugal », 

   vingt-cinq pour cent représentent l’apport du Dr. Ricardo do Espírito 

   Santo Silva. Ce grand collectionneur qui habite Lisbonne n’est 

   pourtant pas un spécialiste de l’orfèvrerie. Ses principales préoccupations

   vont aux meubles, aux tableaux, aux céramiques. En quarante années, 

   son éclectisme a pris des proportions considérables. À force d’acheter 

   des peintures et des dessins de Pillement, il possède aujourd’hui la plus 

   importante collection de Pillement; il en est de même pour les petites boîtes

   en porcelaine du XVIIIème siècle, pour les meubles français, pour l’argenterie 

   française du XVIIIème, pour les tapis portugais anciens.

   Récemment, il a séparé ses collections en deux :

   D’une part les objets français qu’il conserve auprès de lui, de l’autre 

   les objets portugais ou ayant trait au Portugal, qu'il a rassemblés dans 

   un autre palais. Ce palais, M. Espírito Santo Silva en a fait don 

   à la ville de Lisbonne.



   - Quels sont les premiers objets auxquels vous vous êtes intéressé?
   - Ma première pensée à été d'acheter des objets et des meubles
     pour installer ma future maison. j'avais 16 ans. Il faut dire que j'ai
     été indépendant très jeune. J'ai perdu mon père à 15 ans. A 17 ans,
     j'étais fiancé, puis marié à dix-huit.

   - Quel a été votre premier achat?
   - C'était un tapis portugais du XVIIème siècle. Il était très beau, mais
    cependant pas en très bon état. Mes frères se sont moqués de moi 
    quand ils m'ont vu 
    arriver avec un tapis aussi usagé. Je ne l'avais pas payé cher; 
    quelque chose comme 12,50 francs-or, si mes souvenirs sont exactes.

   - À quelle époque?
   - C'était en 1917.

   - À cette époque, les antiquités étaient-elles rares et recherchées 
    au Portugal?
  - Personne, ou presque ne faisait attention aux objets anciens.
   Il y en avait dans toutes les familles sans que personne ne songe 
   à leur valeur. Encore moins à les négocier. Je me souviens très bien 
   que chaque fois que j'allais chez ma grand-mère, je tombais en extase 
   devant des porcelaines qui, pour elle, n'avaient pas la moindre importance.
   Dans la cuisine, les gens de service prenaient leurs repas dans des 
   assiettes de la Compagnie des Indes, reléguées là parce qu'elles ne
   formaient plus des ensembles bien complets.
   Au moment où j'ai réellement commencé à acheter, le Portugal était 
   prospecté par tous les grands antiquaires de Paris, de Londres 
   et de New York. 
   C'était une véritable rafle. Pour s'en faire une idée, on peut dire par 
   exemple qu'ils ont emporté au moins deux ou trois cents services 
   de table de la Compagnie des Indes. Du jour où j'ai été en mesure 
   de leur tenir tête en payant aussi cher qu'eux, cet exode a été freiné. 
   Aujourd'hui la situation est totalement renversée  Il y a beaucoup de 
   collectionneurs au Portugal, et l'amour des antiquités est devenu si fort 
   que les Portugais achètent beaucoup à l'étranger.

   - Dans quels pays?
   - Surtout en France, en Angleterre et en Amérique aussi.

   - Vous est-il arrivé de racheter à l'étranger des objets qui provenaient
    du Portugal?
   - Bien sûr. Ainsi, il y a quelques années j'ai récupéré certaines pièces 
    de l'ancien palais royal, qui avaient été emmenées au Brésil dans des 
    malles royales lorsque le roi D.João VI quitta le pays pour fuir l'invasion 
    Napoléonienne. Plusieurs de ces pièces parvinrent par héritage au prince 
    D.Pedro qui devint Empereur du Brésil: ses initiales et la couronne impériale 
    y remplacent parfois l'écusson portugais. Aujourd'hui la majeur partie du 
    Trésor royal portugais est revenue au Portugal.

   - Quelle importance représente l'argenterie dans l'ensemble de vos collections?
   - C'est difficile à évaluer. Environ le dixième. Mais l'orfèvrerie mène à tout.
    Vous avez sans doute vu à l'exposition du Musée des arts décoratifs un beau
    portrait par Largillière. Il représente Thomas Germain; le célèbre orfèvre 
    montre du doigt un candélabre qu'il considère comme une de ses œuvres 
    les plus parfaites. Je possède le candélabre. Comment voulez-vous que je 
    résiste au désir d'avoir le tableau? Hélas, je n'ai pas réussi.

   - Pourquoi?
   - Il appartient à un autre collectionneur de Lisbonne, M. Gulbenkian, l'homme
    le plus riche du monde. Je lui ai déjà dit qu'il fallait que l'un de nous se décide:
    Ou qu'il me vende le portrait ou que je lui cède les chandeliers. Mais chacun
    tient trop à ce qu'il a.

   - Vers quels objets vont vos préférences?
   - Je m'intéresse à tout. Mais si vous voulez savoir ce que j'aime le mieux,
    ce sont les meubles, ensuite les porcelaines, l'argenterie, la peinture, 
    les tapis, les tapisseries.

   - Avez-vous une "recette" pour collectionner?
   - Je vais tout vous dire. Le grand secret de la réussite de ma collection,
    c'est que je n'ai jamais collectionné. Je n'ai jamais eu de plan. Tant pis. 
    Mon principe est d'acheter quand on trouve. C'est ce que j'ai toujours fait, 
    selon mes moyens.



  




   - Vous achetez tout de même selon votre goût. Vers quelles époques,
    vers quelles formes de l'art êtes-vous donc généralement attiré?
   - J'ai toujours eu un grand penchant pour le 18ème siècle et presque
    exclusivement pour les arts portugais et français. Évidemment quelques 
    exceptions confirment la règle. J'ai des primitifs flamands et quelques
    porcelaines allemandes et anglaises. Avec le nombre, bien sûr, certains
    objets ont fini par se compléter et former des collections assez complètes,
    mais jamais je n'ai acheté une seule pièce pour compléter une «série»,
    comme le font les philatélistes ou certains collectionneurs spécialisés.

   - L'actuelle exposition du Musée des arts décoratifs montre que vous 
    avez réunis un ensemble d'argenterie française du 18ème siècle
    presque sans rival dans les collections privées. En est-il de même
    pour d'autres ensembles de votre collection?
   - Il est difficile de juger soi-même ses collections. Je crois cependant 
    que mes boîtes en porcelaine de Saxe commencent à faire un
    ensemble important. Il y a aussi un peintre auquel je me suis
    particulièrement intéressé et dont je pense avoir une collection assez
    remarquable: c'est Pillement.

   - Pourquoi Pillement?
   - Parce que je pense qu'il est le plus extraordinaire paysagiste français
    et aussi parce qu'il a vécu longtemps au Portugal où il dirigeait la 
    Royale Fabrique de Soieries de Lisbonne.
    J'ai d'ailleurs trouvé beaucoup de Pillement au Portugal.

   - D'une façon générale, où et comment achetez-vous?
   - J'ai beaucoup voyagé. Maintenant, un peu moins. Mais il est rare
    que je n'ai pas envie de visiter quelque antiquaire ou quelque collection 
    privée. Surtout je surveille régulièrement toutes les ventes. Je reçois tous 
    les catalogues de Londres, Paris, de New York. Je donne des ordres 
    par téléphone. Si mes prix sont dépassés tant pis, je n'ai pas de regrets. 
    On me signale aussi d'un peu partout les pièces qui peuvent m'intéresser. 
    Ainsi je viens d'acquérir, il y a peu de temps à Lausanne, le bureau de 
    Paderewski; c'est un admirable meuble de Leleu.

   - Justement vous disiez tout à l'heure que votre préférence allait aux meubles.
   - C'est exact, j'ai toujours acheté beaucoup de meubles, d'abord par 
    nécessité, ensuite vraiment par amour. Évidemment, il sont plus encombrants 
    que les boîtes en porcelaine, mais je crois que c'est typiquement portugais 
    de faire les choses avec passion. D'ailleurs au fur et à mesure, il me fallait 
    plus de place pour tout.

   - Quel est votre style favori?
   - Le XVIIIème siècle. Plus spécialement le Louis XVI, quoique, à mon avis, 
    les plus beaux styles soient les styles de transition: le Régence et le transition 
    Louis XV - Louis XVI. Ce sont des époques de confluence artistique très riches, 
    mais qui n'ont ni virtuosité ni outrance. Pour rester dans les meubles, 
    ma préférence va surtout aux meubles de style Louis XV faits sous Louis XVI 
    ainsi qu'aux meubles de Riesener et de Wiesweiller ornés 
    de plaques de Sèvres.
    Dubois aussi est un ébéniste extraordinaire; c'est moi qui ai acheté le petit 
    secrétaire à abattant de la collection Allan Good, que vous avez reproduit 
    au moment de la vente il y a un an. Mais celui que je préfère encore, c'est 
    Leleu parce que vraiment c'est celui qui a le mieux traduit le goût français. 
    Et puis il y a les sièges qui sont pour moi des objets merveilleux; à mon sens, 
    ils ont plus de poésie que n'importe quel autre meuble.

   - Comment avez-vous résolu le problème de l'installation?
   - J'ai accumulé un stock immense d'objets et je me suis apperçu qu'ils 
    finissaient tous par avoir une utilité. Chaque fois que j'installais un salon 
    ou une chambre nouvelle, j'avais immédiatement sous la main 
    ce qu'il me fallait. 
    Je pense que lorsqu'on n'est pas créateur soi-même, ce qui est important 
    c'est de créer un ensemble qui exprime sa personnalité. 
    C'est ainsi que dans ma maison entièrement meublée en français XVIIIème,
    j'ai cherché à mettre en valeur les objets d'art que d'autres ont conçu 
    et réalisés. Tous les objets portugais, je les ai rassemblés dans un ancien 
    palais de Lisbonne que j'ai restauré à cet effet, le palais Azurara. 




     Musée des Arts Décoratifs 
     Fondation Ricardo Espírito Santo
     Palais Azurara
     Lisbonne


    En 1947, j'ai décidé de faire de ce palais une fondation d'art portugais. 
    C'est en quelque sorte le musée des arts décoratifs de Lisbonne.

   - Mais uniquement consacré à l'art portugais? 
   - Oui, ou ayant trait au Portugal. Par exemple on y voit des porcelaines 
    de Chine de la Companhie des Indes, avec des armoiries de familles 
    portugaises, quelques Pillement peints au Portugal, des portraits par 
    Quillard, l'élève de Watteau qui fut peintre de la Cour au Portugal.


    
     Musée des Arts Décoratifs 
     Fondation Ricardo Espírito Santo
     Palais Azurara
     Lisboa

    En plus une école fonctionne dans le musée; on y forme des artisans
    (il y a environs 60 élèves) qui sont initiés aux arts anciens et qui dirigent 
    des ateliers de réparations, spécialisés notamment dans les reliures 
    et les céramiques. C'est, je crois, une formule très vivante. 
    Chaque dimanche, le musée reçoit de 500 à 700 visiteurs.




     Atelier de l'École Supérieure d'Arts Décoratifs
     Fondation Ricardo Espírito Santo
     Lisboa


   - Comment s'est accomplie votre formation de collectionneur?
   - J'ai toujours eu une grande attirance pour les objets anciens.
    Je crois que pour devenir collectionneur, il faut «sentir» en soi cette même 
    vocation. C'est ce que les experts nomment l'intuition. Je crois aussi qu'il 
    faut toujours aller plus loin dans sa «passion», voir et regarder sans cesse 
    des quantités d'objets.

     FIN

   
  
    
     M. et Mme. Thomas Germain
     Huile sur toile
     Nicolas de Largillierre (1656 - 1746)
     Musée de la Fondation Caloust Gulbenkian, Lisboa



     Détail


    

     Détail
     


    Ce tableau représente l'orfèvre Thomas Germain (1673-1748) 
    dans son atelier du Louvre, en compagnie de sa femme, 
    Anne-Denise Gauchelet. Reconnu comme le "Prince du Roccaille",
    il fut nomé orfèvre du Roi en 1723, tître que l'on retrouve inscrit
    sur la lettre au dessus de la table:
    "À Monsieur Germain/Orfèvre du Roy/aux galléries du Louvre/à Paris.
    Ce tableau est habituellement désigné comme le "portrait officiel de
    l'artiste" et présente une atmosphère empreinte de réalisme.
    Certains objets représentés se reconnaissent comme créations de
    cet artiste admirable.
    Thomas Germain, maître en 1720, signale orgueilleux le candélabre 
    entouré de satyres. Ce modéle fut délivré en plusieurs séries à 
    Lisbonne, en 1757, pour la cour du Roi D.José I du Portugal,
    expédiés par son fils François-Thomas Germain (1726-1791).

    Un regard plus attentif permet de comprendre que le candélabre 
    détenu par M. Ricardo Espírito Santo, n'était pas en effet celui 
    du tableau, mais une variante. Il fut vendu aux enchères 
    par sa fille, peu aprés sa mort.

    Le 29 avril 2015, Christie's met en vente à Londres une partie de 
    la collection que la fille de Ricardo Espírito Santo, Ana Maria Espírito
    Santo Bustorff Silva, avait hérité de son père.