vendredi 21 mars 2014

Premiers jours de printemps



  Un peuple qui ne fait pas vivre sa culture et celle des autres, est un peuple sans âme!


    Splendeurs d'Orient - Bijoux en Or de l'Ancienne Goa




   Museu Nacional de Arte Antiga
   Lisbonne
   Du 16 avril au 7 septembre 2014

   Le 12 décembre 1961, Jorge Esteves Anastácio, gérant de la BNU,
   Banco Nacional Ultramarino (Banque Nationale d'Outremer), 
   à Goa - à l'époque territoire de l'Etat Portugais de l'Inde -, ne sait 
   que faire des bijoux et de l'or déposés dans les nombreuses 
   dépendances de la banque, qu'il gère depuis 3 mois...
   Une invasion de l'Union Indienne semble imminente. 
   Il téléphone au Gouverneur Vassalo e Silva, qui lui dit de faire pour 
   un mieux, mais qu'il semblerait que Lisbonne et New Delhi soient 
   arrivées à un accord et qu'il n'y aura pas d'invasion.
   C'est grâce au comportement exemplaire de Jorge Anastácio
   que, peu avant l'invasion de l'Union Indienne, une colection unique 
   de bijoux est encaissée, en petits paquets, dans 19 caisses.
   Les caisses son placées à bord du navire Índia et partent vers
   Lisbonne.
   Qu'est-ce qui se trouvait dans ces caisses?
   Tous les bijoux ayant été déposés  comme garantie de prêts
   à la banque, mais aussi de l'argenterie ancienne, les biens de 
   clients déposés dans des coffres, mais aussi ceux provenant 
   de divers services de l'Etat - Finances, Douannes, et des tribunaux. 
   L'or en dépôt de justice, ayant été appréhendé à des trafficants 
   avait été acheminé en avion.
   La nuit du 17 au 18 décembre les indiens attaquent. 
   Le Portugal perdait ainsi ses térritoires de l'Inde (Goa, Damão, Diu),
   après 4 siècles et demi d'occupation.
   Les caisses sont placées à l'époque dans les coffres de la CGD,
   Caixa Géral de Depósitos, banque de l'état à Lisbonne et pendant
   30 ans. En 1991, plusieurs caisses retournent en Inde, après 
   un accord avec le State Bank of India, afin de rendre aux 
   propriétaires légitimes, reconnus comme tel, leurs biens.
   Quant aux caisses, appartenant à l'état portugais, il a fallut 
   attendre 2011,  avant de les ouvrir. Quand les conservateurs 
   du musée national d'art ancien, à Lisbonne, ont ouvert la caisse
   nº14, il n'en croyaient pas leurs yeux...
   Ils y trouvent une immense quantité tiares, bagues, boucles 
   d'oreille, peignes à cheveux et plus de 100 kg d'or.




   Collier avec pendentif
   Or, émail et cristaux de roche
   Goa, ancienne Inde portugaise
   XVIIème/XVIIIème siécle


   Après une analyse minutieuse, chaque bijou est envoyé à 
   l'Institut José de Figueiredo afin d'être restauré.
   Selon Anísio Franco, conservateur du Musée National 
   d'Art Ancien, ces bijoux ne sont pas comparables aux
   typologies artistiques indo-portugaises bien connues.
   Il ajoute "qu'il y-a une immense bibliographie au sujet des
   bijoux indiens, qui sont très riches et somptueux, mais rien
   au sujet de la bijouterie de Goa, qui n'est pas si ostentatoire 
   que celle des maharadjas.
   Jusqu'en 1920-30, les mariées portaient ce type de bijoux.
   Puis tout était conservé dans des coffres passant    
   de génération en génération."
   Il y-a des bijoux qui datent du XVIIème siècle, d'autres du XXème,
   mais la plupart datent des XVIIIème et XIXème siècles.
   Toutes les régions indiennes ont leurs propres modèles et leurs
   techniques de production de bijoux. Cette collection est
   exclusivement de Goa. Le travail de l'or, les formes et les détails
   décoratifs sont différents de ceux faits pendant la même période
   dans d'autres régions de l'Inde et cela est le reflet de l'Histoire
   de l'ancienne Goa - la conquête portugaise, les influences
   européennes et l'esthétique moghol mélangée à la culture 
   indigène, où se rencontrent indouisme et christianisme.
   Ce trésor d'art et d'Histoire appartient à présent à la collection
   du Museu Nacional de Art Antiga, à Lisbonne.




   Pendentif au petit Jésus Sauveur du Monde
   Or, émail et cristaux de roche
   Goa, ancienne Inde portugaise
   XVIIème/XVIIIème siècle 




   Boucle et ceinture
   Or, rubis, émeraudes et soíeis
   Goa, ancienne Inde portugaise
   XVIIIème siècle 



















   Nossa Senhora de Fátima - 13 de Maio de 2014





Jounée Internationale des Musées
18 mai 2014
La Nuit des Musées
17 mai

Musées: les collections créent des connexions 


La Nuit Européenne des Musées, initiative proposée en 2005 
par le Ministère de la Culture et de la Communication de France, 
aura lieu cette année le 17 mai.
L'Institut des Musées et de la Conservation du Portugal s'associe
à cet événement: les musées et palais intégrés dans l'IMC sont 
ouverts gratuitement tout au long de cette initiative. 
Un grand nombre d'autres musées intégrant le Réseau Portugais 
des Musées adhérent à l'initiative, offrant au public de toutes 
les régions du pays, y compris Madère et les Açores, 
une multitude d'activités.


Si vous avez envisagé de visiter la belle ville de Porto, au Nord 
du Portugal, je vous suggère un musée plein de charme:

La Maison-Musée Marta Ortigão Sampaio

Instalée dans un bâtiment des années 50, elle est le résultat d'une donation 
de Marta Ortigão Sampaio à la Municipalité de Porto, en 1978.
Personnage incontournable de la société de Porto, elle était la fille de
l'ingénieur Vasco Ortigão Sampaio, collectionneur et mécène et la nièce 
des peintres Aurélia de Souza et Sofia de Souza.
Ouvert au public en 1996, on peut y aprécier une collection de peinture,
des bijoux, du mobilier et d'autres arts décoratifs évoquant les ambiances 
bourgeoises de la 1ère moitié du XXème siècle.
La collection de peinture présente des œuvres du naturalisme portugais,
celle des bijoux, des exemplaires de la fin du XVIIème au XXèlme siècle.

Adresse

Rua Nossa Senhora de Fátima, 291-299
4050-428 Porto
Téléphone: +351 226066568
Courriel: museumartaortigao@cm-porto.pt
www: visitasvirtuais.cm.porto.pt
GPS: POINT (-8.6255240000000004 41.1594419999999985)

Horaires d'ouverture

Du mardi au samedi de 10h00 à 17h30'
Dimanche de 10h00 à 12h30'
Fermé les lundis et jours fériés


  •      




Le 9 mai - Journée de l'Europe



L'Europe est un grand centre de Nations, ayant un immense patrimoine 
culturel et historique que nous devons préserver, valoriser et développer, 
tout en renforçant les relations avec les Nations des autres continents, 
afin de créer un monde plus juste et Humain.
Vive l'Europe des Nations!






La Fondation Caloust Gulbenkian présente

"Dessins et Aquarelles de la Collection Gulbenkian, 
du 16éme au 20éme siècles"

Du 27 juin au 21 septembre 2014

Exibées occasionnellement pour des motifs de conservation, 
des œuvres de Dürer, Watteau, Ruisdael, Boucher, Fragonard, 
Guardi, Turner, Millet, entre autres pourront être appréciées à la Fondation.







Pour commémorer les  40 ans de la Révolution des Œillets (25 avril 1974),
 le Musée Nacional de la Presse présente une exposition dynamique 
qui sera agrandie petit à petit, jusqu'au 25 avril. L'expo de départ 
présente un ensemble de documents de l'époque: affiches, journaux, 
livres, disques, photos et aussi un ensemble de documents relatifs à l'année
1973, ayant été censurés par la Commission d'Examen Préalable de la dictature.









Le Musée National d'Art Ancien de Lisbonne, a inauguré 
en mai la première de plusieurs expositions en provenance de l'étranger.
La première nous conduit au début du XVIIIème siècle à la Cour des Savoie.
La deuxième, va nous permettre d'apprécier une partie de la collection 
de Franco Maria Ricci, la "prince des éditeurs" entre le prochain 
mois de novembre et mars 2015.





"Il Trionfo d'elle Ornato" - Arts et Artistes de la Maison de Savoie (1730-1750)

Du 17 mai au 21 septembre 2014



L'exposition temporaire qui se suit au MNAA, Musée Nacional 
d'Art Ancien de Lisbonne, après "Rubens, Brueghel, Lorrain -
Le Paysage Nordique au Musée du Prado", a été organisée pour 
le Portugal par le Museo Civico d'Arte Antica - Palazzo Madama 
de Turin. Une exposition de plus de 100 œuvres du 18éme siècle, 
en provenance de divers musées et résidences royales italiennes.
Cette exposition nous démontre le rôle de la ville de Turin, capitale 
du Royaume du Piedmont, pendant la première partie du 18éme siècle 
et l'intervention des artistes Italiens et étrangers au service des stratégies 
de pouvoir de la Maison de Savoie.



Parallèlement, le Palazzo Madama de Turin expose,
en collaboration avec le MNAA de Lisbonne, Trésors
du Portugal - l'architecture imaginaire du Moyen Âge 
au Barroque, du 7 mai au 28 septembre 2014.




Le 21 mars, journée mondiale de la poésie

Aimer!

Je veux aimer, aimer éperdument !
Aimer juste pour aimer : ici… là-bas…
Celui-ci, celui-là, ou un autre, et tout le monde…
Aimer ! Aimer ! Et n’aimer personne !

Se souvenir ? Oublier ? Peu importe ! …
S’éprendre ? Se déprendre ? Est-ce mal ? Est-ce bien ?
Dire que l’on peut aimer quelqu’un
La vie toute entière, c’est mentir !

Il y a un printemps dans chaque vie :
Il faut le chanter ainsi fleuri,
Car si Dieu nous a donné la voix, c’est pour chanter !

Et si je dois être un jour poussière, cendre et rien
Que ma nuit soit comme l’aube
Que je sache me perdre… pour me trouver!


Florbela Espanca (1894-1930)
Poète portugaise














mercredi 12 mars 2014

Derniers faits d'Hiver



Les Czars et l'Orient

Cadeaux de la Turquie et de l'Iran dans les collections du Kremlin

du 28 février au 18 mai 2014

Musée de la Fondation Caloust Gulbenkian
Galerie des Expositions Temporaires








Rubens, Brueghel et Lorrain
Le paysage nordique au Musée du Prado

du 3 décembre 2013 au 30 mars 2014

Musée National d'Art Ancien - Lisbonne







dimanche 12 janvier 2014

Au coeur de Lisbonne - L'ancien Terreiro do Paço ou la Place du Commerce.



    L'hiver, la Place du Commerce garde tout son charme. 
    Le souverain qui la faite reconstruire, après l'hécatombe du 
    1er novembre 1755, se tient digne sur son cheval, au centre 
    de la place et observe le Tage, comme qui contemple l'avenir
    de face, marchant à la tête de ses troupes.





     Statue equestre du Roi D.José I, inaugurée le 6 juin 1775,
     jour de l'anniversaire du souverain.




     La Praça do Comércio a été le témoin de nombreux événements 
     tout au long de son Histoire. Heureux comme l'arrivée de Stéphanie 
     de Hohenzollern-Sigmaringen, future reine du Portugal, celle du 
     Roi Eduard VII d'Angleterre, du Président de la République française, 
     Émile Loubet ou tragiques comme le régicide du 1er février 1908, 
     dont  je m'occuperai une prochaine fois. 
     C'est une place qui s'ouvre sur le Tage et qui a été conçue comme 
     espace d'apparat. Fortement affectée par le grand séisme de 1755, 
     dont Voltaire a fait référence dans son oeuvre "Candide", la place fut 
     reconstruite sous le régne du Roi D.José I.
     Pendant une bonne partie du siécle passé, elle servait de parc de 
     stationnement... aujourd'hui elle a rétrouvé toute son ampleur, avec 
     une intervention qui la fortement valorisée et lui a rendu son rôle 
     au coeur de Lisbonne.






     L'ancien Terreiro do Paço que l'on pourrait traduire comme 
     "espace en terre battue du palais royal", dont on peut observer
     ci-dessus un aspect sur deux toiles du XVIIème siècle, était 
     l'endroit où jadis se trouvaient les grands édifices comme le 
     Palais Royal de Ribeira et la Maison de l'Inde, que l'on découvre 
     au fond, à droite. La Maison de l'Inde assurait le monopole royal 
     de la navigation et du commerce de l'Empire portugais. 
     C'était un organisme qui servait de douane, de centre d'archives, 
     bureau de documentation, espace d'entrepôt, de centre de 
     distribution et vente des matières premières, provennant d'Orient 
     et des côtes africaines. L'or, l'ivoire, les épices - comme le poivre, 
     les clous de girofle, la cannelle, la noix de muscade -, ou des produits 
     comme la soie, les pierres précieuses, la gomme laque, entre autres 
     qui étaient très prisés. Une bonne partie était acheminée vers l'Europe 
     du Nord, afin de permettre l'achat de produits dont la Factorerie 
     Portugaise d'Anvers était l'intermédiaire. 
     L'organisation du départ des navires, leur protection pendant le 
     voyage, le débarquement, étaient aussi gérées par la Maison de l'Inde.
     Au fond, sur la gauche, on découvre la Tour de Terzy, créée en 1501, 
     afin de rendre plus de monumentalité à l'espace. Véritable tour du 
     trésor, toutes sortes de préciosités y étaient conservées, tout comme 
     une galerie de peinture. L'ensemble fut perdu, lors du grand séisme.




     Avec une surface d'environ 36000 m2 (+/-180m X 200m) 
     elle est considérée l'une des plus grandes places d'Europe. 
     Sa couleur jaune correspond à l'originale, mais en 1910 
     avec l'implantation de la république elle fut peinte en 
     rose... républicain.
     L'arc de triomphe, qui relie la grande place à la  Rua Augusta, 
     a été achevé entre 1873 et 1875, car la version originale fut 
     interrompue sur ordre de la Reine D.Maria I, après avoir déchu 
     le Marquis de Pombal, tombé en disgrâce  des suites 
     de la mort du Roi D.José I.



     Gravure représentant la Reine D.Maria I (1734-1816)


    Avant la conclusion du projet, la construction s'arrétait à hauteur 
    des balustrades que l'on peut observer à la base des echaffaudages. 
    Puis l'arc fut finalement construit, comme on peut le voir sur deux 
    photos du XIXème siècle.









     Sur la partie supérieure de l'arc, trois statues représentent la Gloire 
     couronnant le Génie et la Valeur.







    Sur les volutes on retrouve 2 personages représentant à gauche le Tage 
    et à droite, le Douro, principaux fleuves du Portugal. À droite du Tage se 
    trouvent Viriato, chef de la tribu lusitane qui a affronté les romains, et à 
    leur droite, Vasco da Gama, grand navigateur et explorateur qui été aux 
    commandes des navires qui ont pour le première fois atteind les Indes, 
    directement de l'Europe par l'Atlantique, arrivant à Calicut en mai 1498.

    À gauche du Douro, se trouve Saint Nuno Alvares Pereira, génie militaire 
    mais aussi un homme de foi, qui su vaincre la bataille d'Aljubarrota, 
    le 14 août 1385, aux  commandes d'une petite armée, contre les troupes 
    de Castille, qui voullaient envahir le Portugal. À sa gauche se trouve un 
    personnage incontournable de notre Histoire du XVIIIème siècle...
    le Marquis de Pombal. Premier ministre du Roi D.José I, il fut un homme 
    d'action, mais aussi un tyran. Il su mobiliser le royaume face à la tragédie 
    du violent tremblement de terre et du tsunami qui le suivit, bien comme 
    des nombreux incendies qui ont ravagé la capitale. "Il faut dès à présent 
    soigner les survivants et entérrer les morts"- aurait-il dit. Mais il écarta 
    aussi toute concurence à son propre pouvoir, pour le renforcer, en 
    condamnant à mort plusieurs membres de la famille des Távoras et le 
    Duc d'Aveiro, qu'il accusa sans fondemment d'attenter à la vie du Roi.



    Sebastião José de Carvalho e Melo, 
    Marquis de Pombal (1699-1782)





     Lors de la reconstruction, les édifices délimitant la place sont devenus 
     le siége des différents ministères. Il fait bon de se promener sous les 
     arcades, quand il fait chaud et de prendre une boisson ou bien un petit 
     café au Café-Restaurante Martinho da Arcada. Ouvert en 1782, il se 
     nommait à l'époque "Café de la glace" et approvisionnait la cour de 
     crèmes glacées et de boissons. C'est en 1845 qu'il prit le nom qu'il 
     porte à présent, celui de son propriétaire à l'époque. 
     Le poète Fernando Pessoa était un habitué et y écrivait volontiers...





     Au centre de la place est implanté l'ensemble sculptural éxécuté par 
     maître Joaquim Machado de Castro, qui mesure 14 mètres de hauteur. 
     Il représente la statue équestre du Roi D.José I, créé par Eugénio dos Santos. 
     Elle est en fer et vient d'être restaurée. 
     Realisée en une seule coulée de fonte, le 15 octobre 1774, sous la 
     responsabilité de l'ingénieur militaire Bartolomeu da Costa, dans les fonderies 
     de l'armée, ayant recours aux techniques les plus modernes de l'époque, elle 
     impose tout en étant bien intégrée dans l'espace qui l'entoure. Il semblerait 
     qu'elle aurait été à l'origine dorée. 




      Échafaudages lors de l'intervention. Détails de la statue.












     Description analytique de l'exécution de la statue équestre, 
     érigée à Lisbonne à la gloire du Roi Très Fidèle D.José I (...)
     XXIII estampes, XVIIIème siécle  
     Joaquim Machado de Castro




     Arrivée de la statue sur le Terreiro do Paço, 1775
     Encre sur papier




     Détail du modèle original en plâtre




     Entretient de la base en pierre.
     Détail des armes royales.

     


     Sur un des côtés de la base, un cheval sculpté en pierre 
     représente l'Europe.





     


     De l'autre côté, l'éléphant représente l'Asie.

     


      Le débarcadère aux colonnes, semble se noyer dans le Tage. 

      Lieu d'arrivées, mais aussi de départs...
      Saudade... Vous connaissez ce mot?
      Il se fond avec le Portugal.